MOBILITE : "Peak car" en vue ? [ou le mirage de la voiture électrique]



Etonnant, détonnant, décoiffant ! Au cours du mois de juin, le groupe Chronos vient de publier sur son site deux articles consacrés aux futurs de l’auto. Le premier s’intitule « peak car », le second « du parc à la flotte ». A rebours de tous les scénarios officiels qui basent leurs estimations du futur sur la prolongation des tendances des dernières années, ces deux articles proposent une réflexion en profondeur intégrant les impératifs énergétique et climatique et surtout les mutations sociales, et ceci sans tabou aucun. Cette analyse est d’autant plus intéressante qu’elle émane de tout autre chose qu’une bande d’activistes anti-bagnoles : le groupe Chronos est une plateforme d’échange qui réunit des acteurs des transports, des intelligences, des médias et de la Ville dont JC Decaux, Vinci Park et Renault.
« Trop de constats sont là pour ne pas admettre l’hypothèse d’un renversement du marché » nous préviennent d’emblée les auteurs. Et d’énumérer huit contradictions ou paradoxes allant des signes de saturation du marché perceptibles en Chine au crédit dont jouissent de plus en plus l’usage d’autres véhicules que « sa » voiture. Sans oublier la nécessité, pour le secteur, de s’extraire d’une vision techno-centrée : « la vision d’une flotte électrique ne peut masquer qu’une voiture reste une voiture, avec des séquelles qui dépassent les maigres bénéfices de l’électrique. Quand les constructeurs admettront-ils que la valeur se déplace de l’objet – même électrique – au service ? ».
La question est clairement posée : par analogie avec le « peak oil » (pic de production du pétrole), n’approchons-nous pas du « peak car » ? Cette perspective n’est-elle pas plus vraisemblable que l’avènement d’un parc de deux milliards d’unités à l’horizon 2020 (contre 600 millions de voitures aujourd’hui).
Pour le groupe Chronos, « l’innovation se développe grossièrement sur deux voies très différentes, voire antinomiques. La voie classique, portée par la modernité de la machine, explore les petits modèles, le carburant électrique, la sobriété énergétique, les automatismes... L’autre piste admet que le salut de la voiture n’est plus dans l’objet. Donc on parle "modèle". Tiraillés entre la logique industrielle et capitalistique d’une fatalité de la croissance d’une part et un modèle serviciel qui signe la décroissance à terme des ventes, les constructeurs sont forcément schizophrènes et les acteurs concurrents sont en embuscade, voire déjà dans la place. » Et de conclure que la voiture-service, sous ses nombreuses déclinaisons (y compris celles à inventer) a de beaux jours devant elle.

Réactions à l'enquête publique pour la construction d'un parking enterré de 3.300 places

L'enquête publique est maintenant terminée. 

Lire le communiqué de presse d'Urbaverkoi.

Voici plusieurs avis à consulter :

Pour être tenu informé des suites, vous pouvez également envoyer un mail à urbaverkoi@gmail.com et vous faire membre du blog si vous êtes intéressés.

Carte blanche parue dans Espace Vie juin 2011

Le développement urbain à Louvain-la-Neuve : pour une ville au service des citoyens
A Louvain-la-Neuve, des projets d’ampleur se multiplient ces dernières années, ces derniers mois... Nombreux sont ceux qui s'accordent à dire que la ville négocie un tournant de son existence. D’aucuns la croient encore fidèle à ses principes fondateurs[1]. Pour d’autres, Louvain-la-neuve semble s'être engagée dans une course à l’attractivité davantage axée sur les projets de prestige et le portefeuille du consommateur de passage que sur un urbanisme au service de la qualité de vie de ses habitants et de son environnement.
Certes, il est essentiel pour une ville de développer son offre de commerces et de services, d’investir dans un réseau de mobilité alternatif à la voiture et de densifier l’habitat autour des gares,… Mais, à la lumière du contexte socio-économique qui gronde, du pic de pétrole et de l’urgence environnementale que nous connaissons, quel en sera l’objectif poursuivi ? 
Celui de devenir un pôle de prestige et d’attraction économique, au service des investisseurs et développé dans une vision à court terme, quitte à évincer ceux qui appréciaient la ville pour son cadre de vie convivial et la possibilité d'y vivre sans voiture?
Ou celui de créer un pôle de vie centré sur l’humain, développé dans une démarche globale, concertée et réfléchie sur le long terme ?
De l’extension de la dalle
Une grande partie de la ville prend naissance sur une dalle. De par son coût élevé, celle-ci implique l’intervention massive de promoteurs immobiliers et l'émergence des projets de (trop) grande envergure. Le prix de cette dépendance induit une perte de contrôle par les habitants, voire par les pouvoirs publics, sur le développement de la ville. Si la dalle a permis de fonder la ville à son origine, est-il envisageable aujourd'hui de se décaler de cet impératif historique ? 
Ottignies-Louvain-la-Neuve, ville universitaire, qui dit s’inscrire dans une démarche de développement durable, a le devoir de se montrer innovatrice et inspiratrice dans ce domaine. Et d'avoir l’audace de rendre les espaces encore constructibles à la terre et aux citoyens, dans l’idée d’en faire des «Fribourg » de demain…


De la maîtrise foncière
Si les dernières réalisations et les projets qui se profilent sont la matérialisation de nouveaux choix, quels sont-ils et qui les dessine ? L’UCL au sein de ses cénacles ? Mais dès lors est-ce bien la place d'une institution non élue et dont les fonctions sont l’enseignement, la recherche et les services à la société de poser de tels choix ? L’alternative démocratique nous semble résider dans une maîtrise foncière rendue aux mains de la Ville et de ses citoyens.
De la concertation citoyenne
A Louvain-la-Neuve, les enquêtes publiques se multiplient, sur des projets dont les orientations sont déjà bétonnées avant consultation. La participation citoyenne est-elle réellement possible dans cette vision morcelée de la ville ?
Ainsi pourrait-on plutôt imaginer... une consultation du citoyen quant à l'emplacement du parking RER[2] où seront investis 61 millions d'euros publics, un schéma d'aménagement pour la zone autour du lac, une consultation populaire sur les besoins à rencontrer lors de l'aménagement de l'espace situé à l'arrière de l'Esplanade ou sur les orientations de la densification autour des deux gares de la ville. La commune a déjà pris des initiatives positives dans ce sens en refusant un projet de lotissement au Piroy afin d'en étudier préalablement l'aménagement global [3].

Nous espérons que cette dynamique positive se développera plus ambitieuse encore. L'enquête publique qui suivra la révision du Schéma de Structure Communal pourrait constituer une opportunité dans ce sens, pourvu qu'il ne se limite pas à entériner les choix antérieurs.
Et pourquoi pas au préalable créer un espace de débat citoyen pour penser ensemble l'urbanisme de notre ville ?

Urbaverkoi , collectif citoyen
http://urbaverkoi.blogspot.com



[1] Mixité sociale et fonctionnelle, ville piétonnière respectueuse du vallonnement original, concertation 
[2]  L'enquête sur ce projet s'achèvera le 7 juin 2011. Plus d'informations sur http://urbaverkoi.blogspot.com/ 
[3] Bien que, sur le fond, on peut déplorer la place démesurée  donnée à la voiture avec notamment 2,5 emplacements par logement... à 500m de la gare.

Avis d'enquête publique parking enterré de 3.300 places en 5 niveaux : les documents sont téléchargeables sur le site de la commune

Enquête publique du 09/05/2011 au 07/06/2011


Construction et exploitation d'un parking enterré de 3.300 places en 5 niveaux comportant 2 transformateurs électriques de 2000 KVA. Le projet nécessite une modification de la voirie communale.

 

Documents téléchargeables sur le site de la commune


ETABLISSEMENTS CONTENANT DES INSTALLATIONS OU ACTIVITES CLASSEES EN VERTU DU DECRET DU 11 MARS 1999 RELATIF AU PERMIS D'ENVIRONNEMENT. 
Le Bourgmestre fait savoir que la S.A. SNCB - HOLDING dont les bureaux se trouvent à 1060 Bruxelles, rue de France 85, a introduit une demande de permis unique, avec Etude d'Incidence sur l'Environnement ayant trait à un terrain sis à Ottignies-Louvain-la-Neuve, Boulevard de Wallonie. 
Le projet consiste en : construction et exploitation d'un parking enterré de 3.300 places en 5 niveaux comportant 2 transformateurs électriques de 2000 KVA.
Le projet nécessite une modification de la voirie communale.
 
 :
·        au Service de l'Urbanisme, Espace du Cœur de Ville n° 2 (3ème étage)
         le lundi de 12h30 à 19h00, du mardi au vendredi, de 8h30 à 12h30
         le samedi  de 9h00 à 11h30
·        à l'Office du Tourisme – Galerie des Halles (à côté de la gare) – du lundi au vendredi de 09h30 à 16h00 et les samedis de 11h30 à 16h00. 
Une réunion de présentation aura lieu le mardi 17/05 à 20h00 aux Auditoires Sainte Barbe, place Sainte-Barbe 1 à 1348 LLN, auditoire BARB 91. 
Des explications techniques peuvent être fournies auprès :
·        du Conseiller en environnement – Service Travaux et Environnement – Madame HEBRANT – avenue de Veszprem, 5 à 1340 Ottignies – Tél. : 010/42.05.66
·        du fonctionnaire technique : Service Public de Wallonie – DPA – Direction Charleroi - Monsieur CALO, rue de l'Ecluse, 22 à 6000 Charleroi, tél. : 071/65.47.60
·         du fonctionnaire délégué : Service public de Wallonie – DGO4 – Direction du Brabant Wallon – Monsieur RADELET, rue de Nivelles, 88 à 1300 Wavre, tél. : 010/23.12.11 
            Les  observations et réclamations écrites sont à adresser au Collège Communal
du 09/05/2011 au 07/06/2011.
            Si vous le souhaitez, des observations et réclamations orales peuvent également être formulées durant cette période au Service Urbanisme – Espace du Cœur de Ville n° 2 à 1340 Ottignies-Louvain-la-Neuve.

ZACC Piroy : Une bonne intention qui pourrait finir en queue de poisson ?

Il y a deux semaines s'est achevée l'enquête publique sur le Rapport Urbanistique et Environnemental concernant l'aménagement de la ZACC Piroy.
Ce projet, par sa localisation stratégique eût mérité l'attention des citoyens engagés dans les questions urbanistiques à long terme que nous sommes : situé à 500 m des gares de bus et ferroviaire d'Ottignies, à un km du noyau commercial et à proximité de plusieurs établissements scolaires... il offre en effet un potentiel énorme en terme d'aménagement « durable ».
Pris par l'éclosion des panneaux jaunes dans la prairie et le champ qui devraient accueillir le  parking RER et par les 500 pages rattachées, nous n'avons pas été en mesure de remettre un avis sur ce projet de ZACC. Nous souhaitons au moins partager ici avec vous quelques réflexions.

Commençons par saluer l'initiative communale constructive de refuser un permis de lotir sur cette zone en vue d'en réaliser une étude globale.

Puis regardons y de plus près.

Faute de temps, nous nous limiterons à ce qui frappe par-dessus tout dans ce projet idéalement situé pour y vivre une mobilité douce... Une fois de plus (jetez un coup d'oeil au Coeur de Ville ou au projet Courbevoie pour d'autres illustrations du phénomène), c'est la voiture qui remporte la place centrale, au propre comme au figuré !

D'une part, au lieu d'être tenue à l'écart de l'espace de vie, comme dans les éco-quartiers tels que Fribourg, elle est invitée à trôner au coeur du quartier.

D'autre part, le nombre d'emplacements envisagés par logement est de... tenez-vous bien... 2,5 places !

Le RUE évoque l'opportunité de développer un quartier durable...

et pourquoi pas un véritable éco-quartier (mettre un lien vers cette rubrique dans les liens) avec :
·        une approche volontariste en matière de mobilité qui attire enfin des habitants désireux de vivre une mobilité douce et plus des multi-propriétaires automobiles (des voitures maintenues à l'extérieur du quartier, une réduction drastique du nombre d'emplacement et des cartes de riverains, la création de parkings vélos,...)
·        un urbanisme qui soutient la convivialité, par des espaces publics verts (version « biodiversifée » et non terrain de golf) et agréables à vivre et pourquoi pas... des potagers collectifs sur cette terre agricole fertile (cf OLLN 2050 pour ceux qui y était ;-)
·        des objectifs plus volontaristes au niveau des sources et des économies d'énergie, de la récupération de l'eau de pluie... (d'autant que cet aspect est sensible pour la zone située en aval)
·        une démarche participative globale
·        ...

Et peut-être un jour, grâce à la synergie de volontés citoyennes et politiques, Ottignies-Louvain-la-Neuve, sera-t-elle la ville DES éco-quartiers :-)

Les temples de la consommation

Les centres commerciaux ou «malls», lieux climatisés gigantesques
tournés vers le plaisir de la flânerie et de l'achat, commencent
à pousser comme des champignons à travers le monde. Rien qu'aux
États-Unis, on en compte aujourd'hui près de 20 000. Aucun pays,
aucun continent ne semble à l'abri, comme le démontre Malls'R
US
- Shopping à la folie, le documentaire d'Hélène
Klodawsky.


Les promoteurs immobiliers rivalisent d'imagination pour concevoir des projets
plus pharaoniques les uns que les autres. Comme à Dubaï ou en Inde.
Leur logique est simple : plus les consommateurs restent longtemps dans ces
ruches commerciales, plus ils dépensent. Pour ne pas alors doter le mall
de manèges ou de proposer un spectacle d'otaries? Aussitôt dit,
aussitôt fait... à condition que les finances suivent.
Entrer dans un centre commercial est pensé comme une activité
sensorielle à part entière. Par exemple, le lieu, avec son architecture
particulière, vise à dépayser le client. Qui doit s'y sentir
à l'aise et en sécurité. Et pouvoir s'y perdre facilement.
Par ailleurs, certains n'hésitent pas à dire que les malls reprennent
des traits de la symbolique religieuse comme l'eau et la lumière. Ne
se sent-on pas minuscule dans un tel complexe avec ses hauts plafonds comme
c'est le cas dans une église? Ou quand dépenser devient sacré.
Tout n'est pas rose pour autant. En Inde, la population est descendue dans
la rue pour protester contre la construction d'un de ces pôles commerciaux.
Synomyne pour les petits commerçants d'une mort certaine. Que dire aussi
de ce centre commercial qui est bâti sur une réserve naturelle?
Ironie du sort, certains anciens malls, qui attiraient tant de fashion victimes
et de familles du temps où ils ont été construits, sont
aujourd'hui passés de mode et laissés à l'abandon. Ces
lieux deviennent des ruines où seuls quelques irréductibles ouvrent
encore leur échoppe.

Source : http://www.lavenir.net

LLN en vitrine à Paris... 


C'est dans L'Avenir du 2 mars dernier que nous avons découvert cette information.

Ce même article nous apprend que, non contente de s'exposer pendant 3 jours à Paris ( «Naissance et développement urbanistique de Louvain-la-Neuve» les 5, 6 et 7 avril prochain), OLLN sera aussi prise comme exemple au « colloque international ouvrant ces trois journées, «Écologie urbaine, pour une ville désirable».
C'est ce que confirme le programme téléchargeable sur le site de WWF France, co-organisateur du colloque.

« Urbanisme pour une ville désirable » est le nom de la campagne de WWF France qui vise à proposer aux décideurs locaux des pistes pour améliorer la vie en ville.
Un guide, des capsules vidéo présentant des villes ou quartiers exemplaires...

Si vous avez déjà parcouru un peu le blog d'Urbaverkoi, vous comprendrez que tout cela nous laisse perplexes et nous semble plus offrir une source potentielle d'inspiration pour OLLN que l'inverse...
Cet étonnement a même inspiré le texte qui suit à un citoyen-poète néo-louvaniste.



Quelle ville allez-vous vendre à Paris, chers édiles ?

La ville où il fait bon vivre...
ou la ville où il fait bon investir ?
Le brassage des gens, étudiants, travailleurs,
résidents et commerçants...
ou le pôle des grands gagnants ?

Irez-vous à Paris au nom
des citoyens qui se sont battus
pour garder la nouvelle poste et occuper l'ancienne ?
Parlerez-vous du GAC, de l'AMAP et d'Altérez-vous ?
Ou ferez-vous table-rase avec Hergé et la compagnie Willhem?

Allez-vous à Paris pour vendre Corps et Logis,
le Bauloy, la Poste et la future Maison des Jeunes...
ou irez-vous vanter les Bruyères
et l'immobilier des milliardaires ?

Allez-vous à Paris pour vendre la gare d'Ottignies
ou pour rêver du parking RER de Louvain-la-Neuve,

Voulez-vous que la ville que vous allez vanter
devienne un vampire
où les véhicules de nulle part viendront s'engouffrer
parce qu'elle aura gagné tout ce que d'autres auront perdu ?

Elle aura la culture et son MULAC,
le RER et son autoroute,
Elle aura ses Esplanades
pour faire des petites balades,
son université et son parc scientifique,
son centre sportif de haut niveau...

La belle LLN aura son golf
et son bois de Lauzelle
son lac,
sa dalle,
sa ville la plus piétonne d'Europe
et sa Baraque
qui a bon dos.

A ce monopoly
que risquons-nous de perdre?
sinon notre âme, notre esprit critique, notre vision d'avenir?
A vouloir trop devenir,
nous risquons de « fâdir ».

Allez-vous à Paris
pour vendre Courbevoie-sur-dalle,
comme d'autres avant vous
sont allés à Cannes pour dévoiler
leur prochain  Diamant ?

La primeur vient d'ailleurs,
à petits pas elle resserre son étreinte.
N'avez-vous plus les oreilles de vos ouailles
pour vous exiler loin de notre bonne ville
et chanter le petit soir du grand capital
à mille lieues du Bulletin Communal ?

Le jour du grand voyage,
soignez votre beau langage
Dans la grande Lutèce,
Bon voyage, Messieurs les édiles,
Bon vent à vous.

Mais n'oubliez-pas
votre petit coin de verdure
dans son écrin brabançon,
ses champs et les murmures,
de ses gens d'ici,
et d'ailleurs,
ces gens qui vous ont élus.

Mike Derom

-----------------------

En prenant connaissance de l'exposition d'Ottignies-Louvain-la-Neuve à Paris, nous avons aussi découvert avec intérêt la campagne de WWF France en ce domaine, et les exemples inspirants d'aménagements de quartiers urbains ou de villages.

En tant que groupe de citoyens qui s'interrogent sur les choix urbanistiques posés dans la ville dans une vision à long terme, nous souhaitons vous faire part de notre étonnement de vous voir présenter Ottignies-Louvain-la-Neuve en exemple au colloque « Ecologie urbaine, pour une ville désirable ».

En effet, s'il est vrai que cette ville présente un beau potentiel en matière de développement durable, ce potentiel nous paraît sous-exploité. Et nous sommes perplexes devant certains projets qui nous semblent aller à l'encontre de la mise en œuvre d'une écologie urbaine. En voici quelques illustrations.
Au niveau économique et commercial :

S'il est certainement positif d'avoir choisi d'accoler le centre commercial au centre-ville plutôt que de l'isoler au milieu des champs, nous restons dubitatifs devant le choix d'un mall sur un immense parking :
  • un espace fermé qui rend impossible la mixité de fonctions et qui crée une coupure entre le centre et les quartiers résidentiels de La Baraque et de Lauzelle,
  • qui ne rassemble que des « grandes enseignes », dont des chaînes de magasins qui font venir leurs matériaux et travailleurs de l'étranger pour leurs rénovations et transformations à répétition...,
  • qui vise une zone de chalandise de 40km pour des clients potentiels majoritairement automobilistes...
Cette priorité donnée par les autorités communales et le propriétaire terrien (UCL) à du commerce de « multinationales » avec tous ses effets pervers, ne se fait-elle pas au détriment du développement d'une consommation responsable, de filières courtes, de mobilité douce, et de mixité de fonctions ?

En terme de mobilité, il nous paraît fondamental de rappeler que cacher les voitures sous une dalle offre certes un centre piétonnier mais pas forcément une mobilité douce.

Ainsi, en l'absence d'une politique volontariste pour décourager l'usage de la voiture et stimuler l'adoption de modes de déplacement doux, nombreux sont les habitants qui profitent du centre piétonnier en s'y rendant en voiture par un saut sur la rocade avant de jouer les ventouses dans les rues d'habitation les plus proches du centre (commercial...).

Une carte de riverain limitée au quartier de résidence, un « point vélo » à Louvain-la-Neuve (il vient d'être fermé faute de pouvoir trouver un accord avec la Ville ou l'UCL pour un local), de véritables parkings vélos et des actions de sensibilisation ... font à ce jour défaut.

De récents choix urbanistiques nous semblent également s'inscrire plutôt dans une logique de « tout à la voiture » comme l'aménagement du quartier des Bruyères à Louvain-la-Neuve ou celui de l'espace « coeur de ville » à Ottignies où piétons et cyclistes sont relégués sur les bords alors que la place est consacrée à un grand parking, environné d'autres parkings... sans le moindre espace convivial.

De plus, si cela n'est pas la seule responsabilité de la ville d'Ottignies-Louvain-la-Neuve, on peut également déplorer le manque de liaisons cyclables et en transports en commun avec les villages alentours.

Au niveau social et culturel, l'augmentation du niveau socio-économique de la ville et en particulier de Louvain-la-Neuve est indéniable. Les choix posés ces dernières années attirent les investisseurs et de joyeux consommateurs dont les revenus leur permettent de s'acheter un logement à des prix exponentiels...
Au risque de voir la mixité sociale fondre ici comme les glaciers.

Quant au MULAC, nous remercions les fonctionnaires technique et délégué à la Région wallonne pour leur positionnement dont nous partageons les arguments. Surenchère et apparat ne riment pas avec écologie urbaine.

Ainsi, il nous semble que la ville, et en particulier Louvain-la-Neuve, est peut-être rendue de plus en plus désirable... pour les investisseurs mais pas pour les habitants qui souhaitent y vivre en harmonie avec leur environnement en réduisant leur impact négatif sur celui-ci. Elle est surtout devenue inabordable pour les familles aux rêves piétons et cyclistes.

Heureusement, de nombreux projets locaux existent et continuent cependant d'émerger ici, et obtiennent parfois le soutien de la Ville.

Il s'agit d'initiatives développées et portées par des citoyens, tels que le quartier alternatif à La Baraque, les potagers collectifs, le Groupe d'Achat Commun et la nouvelles AMAP, les systèmes de donnerie-prêterie-servicerie, le café citoyen Altérez-vous...

Nous espérons donc que ce colloque aura constitué une occasion pour la ville d'Ottignies-Louvain-la-Neuve de s'inspirer d'autres projets, vers plus de cohérence et d'innovation.