Plus de parkings pour moins de trains

Un pied de nez à la mobilité durable

Alors que la SNCB vient de confirmer ses mesures d'économies impliquant la suppression de 170 trains, et que les TEC réfléchissent dans le même sens, le dossier de demande de permis unique pour le parking-relais à LLN est toujours à l'étude à la Région. Urbaverkoi rappelle ses interpellations et inquiétudes.

Ce collectif citoyen se veut en faveur d'un aménagement du territoire pour un habitat et une mobilité accessibles à tous et aux impacts environnementaux minimalisés.
Il est dès lors favorable au développement du RER et à la densification autour des gares, mais pas à n'importe quelles conditions.
Il remet donc en cause le projet de parking-relais de LLN tel que conçu et suggère des alternatives.

Ce projet âgé de près de dix ans n'a pas été réévalué à la lumière des enjeux d'aujourd'hui, dont ceux liés au pic de pétrole et aux changements climatiques en cours. Il ne comporte aucune vision à long terme, notamment en terme de réaffectation possible de ces 5 niveaux enterrés. L'empreinte qu'il laissera sera pourtant indélébile.
Il ne tient pas compte des parkings existants à LLN (plus de 1.000 emplacements libres dans un rayon de 400m de la gare dont la moitié juste à côté des quais).
Ses accès, point sensible s'il en est, n'ont toujours pas fait l'objet d'une demande de permis de la part du SPW, alors que l'enquête publique pour le parking seul s'est achevée en juin dernier.
Ni la SNCB ni le bureau d'études ne sont à même de fournir une argumentation de son dimensionnement. Les calculs effectués par Inter-Environnement Wallonie démontrent pourtant qu'il est deux fois trop grand.
De plus, ses effets pervers n'ont pas été étudiés. L'étude d'incidences évoque simplement un probable effet d'appel : les places libérées sur l'autoroute par les navetteurs la quittant pour rejoindre le parking et le RER à LLN seraient potentiellement récupérées par des habitants de la région qui abandonneraient le train pour se remettre au volant...
Elle n'aborde même pas un autre effet pervers : la possibilité de se garer facilement à proximité de la gare RER pourrait inciter des navetteurs à s'y rendre en voiture plutôt qu'à pied, à vélo, ou en train à partir d'une gare trop peu (ou plus) desservie.

Or, ce projet s'inscrit dans un contexte où la SNCB ne peut donner aucune garantie sur la qualité du service RER. Ainsi, en octobre 2010, elle promettait 6 trains par heure en heure de pointe à la gare de LLN ; en mai 2011, elle redescendait à 4 ! Pourtant, des études prouvent que le temps d'attente entre deux modes de transport est bien plus déterminant que le temps de marche, maîtrisé par le navetteur.
C'est donc bien la qualité du service (des trains comme des autres transports en commun qui peuvent y mener) qui assurera, ou non, la réussite du RER. Les investissements de la SNCB semblent faire un pied de nez à cette évidence. Cette légèreté pourrait pourtant coûter très cher à la collectivité et au citoyen, par les investissements publics qu'elle induit et le coût environnemental porté par tous, bien que très inéquitablement.

Les alternatives ont été insuffisamment – voire pas du tout – étudiées.
C'est pourquoi Urbaverkoi appelle encore à ce que ce projet soit suspendu et remis sur le métier, avec des priorités cohérentes en terme de mobilité et d' « habiter » durables, au sens non galvaudé du terme, c'est-à-dire équilibrés tant des points de vue économique qu'environnemental, social et culturel. Cela donnerait ici :
* un projet de plate-forme multimodale globale donnant la priorité absolue aux modes doux et aux transports en commun.
* une utilisation cohérente des parkings souterrains existants.
* si cela s'avère nécessaire uniquement, la construction d'un parking judicieusement dimensionné et partiellement hors-sol juste de l'autre côté de la N4, soit à 400 mètres des quais (alors que la gare des bus en est elle distante de 600 mètres).

Cette localisation alternative permettrait de réduire fortement les impacts environnementaux directs du parking, sur la nappe phréatique (l'imperméabilisation de 23.000m2 au-dessus de cette nappe phréatique importante et sensible entraînerait un risque de pollution et un moindre réapprovisionnement.), sur la qualité de l'air et de l'environnement sonore... Il serait aussi possible de le concevoir modulable, c'est-à-dire reconvertible dans le cas probable où son occupation diminuerait avec l'accentuation des effets du pic de pétrole (mais aussi extensible le cas échéant)...
La zone prévue actuellement pourrait alors être consacrée au développement d'un véritable éco-quartier tel que le quartier Vauban de Fribourg. Il est utile de rappeler en effet que la contrainte de construire un quartier sur la dalle du parking-relais est utilisée par ses promoteurs comme argument pour justifier une densité démesurée (230 logements à l'hectare sans compter les commerces et bureaux) et que le surcoût sera répercuté sur les acheteurs ainsi économiquement sélectionnés.
Un éco-quartier « au sol » offrirait au contraire des possibilités d'auto-construction et d'auto-promotion innovantes et une empreinte écologique résolument faible.

Nimby or not Nimby...

Au-delà des mots...

Plus d'une fois, Urbaverkoi et ses membres se sont vu affublés du sobriquet de Nimbyste, sur le front ou sur le dos. Un moyen aisé et déplacé de ranger dans l'armoire des questions gênantes ?

Pour ceux pour qui cet acronyme n'est pas encore familier, Nimby signifie « Not In My BackYard » ou, en français, « Pas dans mon jardin »
Nous serions plutôt tentés d'en créer une nouvelle version, une version qui correspondrait mieux au citoyen qui voit plus loin que le bout de son jardin. Un citoyen que se préoccupe des choix posés en matière d'urbanisme, d'aménagement du territoire et de mobilité, parce que ceux-ci laissent une empreinte trop souvent encore écrasante et indélébile sur l'environnement. Empreinte qui sera laissée en héritage aux générations futures.
C'est donc l'heure du «Noop » ou « Not On Our Planet ». Un acronyme qui veut mettre un stop aux projets pensés dans une logique de court terme et prenant insuffisamment en compte le contexte environnemental et socio-économique actuel, nous menant vers une impasse à moyen ou long terme. 

Ainsi, Urbaverkoi est effectivement né dans le quartier jouxtant le projet de parking relais pour le RER, d'un mouvement d'opposition à ce projet. Une opposition à un projet pensé il y a près de dix ans et qui se doit, selon nous, d'être revu aujourd'hui à la lumière du pic de pétrole, des changements climatiques, du fossé qui se creuse au niveau social, ... et de leurs impacts actuels et à venir.
Urbaverkoi ne remet pas en question le développement du RER ni la densification autour des gares.
Ce qu'il remet en question, ce sont les projets pharaoniques et de prestige dont les effets pervers potentiels et les possibilités de reconversion ou de rénovation à long terme ne sont même pas envisagées. 
Du point de vue de la mobilité, il demande l'inversion des tendances actuelles qui donne priorité absolue à l'automobile et au développement d'infrastructures plutôt qu'aux modes de déplacements doux et aux transports en commun et à la qualité et l'accessibilité des services offerts par ceux-ci. 

Soutenue par des dizaines de personnes de tous les quartiers de LLN et aussi d'Ottignies, la « cellule active » de ce collectif est encore, il est vrai, en bonne part constituée de riverains du projet à l'origine de son émergence. Celui-ci concentre de grands enjeux et un grand potentiel et mérite donc que l'on s'y attarde. 
Alors pourquoi tant de riverains ? L'action citoyenne demande d'investir du temps et de l'énergie, dans l'analyse des dossiers notamment. Et les rapports de force ne sont pas en faveur du citoyen qui doit ajouter cette tâche, contrairement aux demandeurs et aux bureaux d'étude, à sa vie professionnelle, familiale,... 
Pour garder le cap et la volonté de s'engager, cela aide donc d'avoir les aberrations sous le nez, au fond de son jardin.

Nous en profitons aussi pour vous inviter, vous citoyen qui vous reconnaissez dans l'orientation d'Urbaverkoi, à nous rejoindre dans cette aventure.

Et, en attendant, mieux vaut en rire.

Pour empiler des cubes, on commence par le bas : du parking relais, son quartier, « ses jardins »

Accentuant l'impression de mascarade pseudo-démocratique laissée par une succession d'études et d'enquêtes publiques décousues, l'enquête publique pour la demande de permis d'urbanisme pour le  parc nommé « Jardins de la Courbevoie » s'est achevée le samedi 10 septembre (lire l'avis d'Urbaverkoi). Tout comme dans le dossier de demande de permis de lotir pour le quartier Courbevoie, on pouvait lire dans ce dossier que le projet de parking (RER + quartier Courbevoie) n'allait plus subir que de « minimes modifications ». 

Assertion pour le moins étonnante quand on sait que ce gros dossier-là est toujours à l'étude à la Région wallonne et qu'une pièce fondamentale du puzzle manque encore à ce jour : aucune demande de permis n'a encore été introduite par le SPW pour les voies d'accès à ce parking.

Nous ne pouvons nous empêcher de rappeler également que nombre de citoyens, individuellement ou collectivement (voir notamment sur ce blog les avis de l'Association des Habitants de LLN, d'Urbaverkoi, Inter-Environnement Wallonie, et de quelques habitants) ont soulevé des questions de fond sur ce projet, allant de ses accès, à sa pertinence en passant par son dimensionnement ou son emplacement. 

Contrairement à ce nous avons pu lire dans la presse au moins de juin (http://www.lavenir.net), il ne s'agissait d'ailleurs pas, pour Urbaverkoi, de simplement poser des questions mais bien de s'opposer au projet en l'état. Ce projet, pensé il y a près de dix ans, doit en effet, selon nous, être revu à la lumière du contexte environnemental et socio-économique actuel. A quand un vrai débat?
En attendant, mieux vaut en rire :-)

Notre avis - Enquête publique - Demande de permis de lotir pour le projet de quartier Courbe Voie

L'enquête publique concernant la demande de permis de lotir pour le quartier Courbe Voie est terminée

Télécharger l'avis d'Urbaverkoi

Une étude d'incidences sur l'environnement a été réalisée dans le cadre de cette demande et y est jointe. 

Le projet consiste en : Lotissement de 10 lots d'un terrain dont la superficie est supérieure à 2 ha  et présente les caractéristiques suivantes :
1)       les prescriptions sont dérogatoires au R.C.U. (sous-aire ¼),
2)       dérogations aux prescriptions du PPA n° 10A
3)       implique l'ouverture de voirie



L'avis d'enquête, ainsi que les documents accompagnants, est également consultable sur le site Internet de la Ville : http://olln.be/fr/avis-d-enquete.html?cmp_id=12&news_id=8389&vID=1


CLIMAT et POLITIQUE : lectures et réflexions

pour entrer dans le sujet :
"Le CLIMAT : un test DE sens politique"

publié par Michel DE MUELENAERE
le Jeudi 28 juillet 2011 sur lesoir.be

N’en déplaise à quelques irréductibles, la réalité du changement climatique ne fait plus de doute. Sous nos latitudes aussi, la question n’est plus de savoir si le climat se réchauffe, mais bien jusqu’à quel point ; et d’en mesurer plus finement les impacts. Le rapport d’experts rédigé pour le ministre wallon de l’Environnement est la première pierre de cette démarche que tous les pays et toutes les régions ont entamée.
Ce sera loin de suffire. Même si la connaissance scientifique est encore insuffisante et doit être approfondie, il s’agit sans tarder d’identifier les priorités de l’adaptation de nos sociétés à la hausse des températures. Et d’infléchir, déjà, les politiques et mesures.
Une certitude : plus on attend, plus rudes seront les impacts du réchauffement.
Un défi pour la connaissance, car l’ensemble de notre pays, à la ville comme aux champs, est concerné. L’urbanisme, la gestion de l’eau, l’aménagement du territoire, la protection de la biodiversité, la politique sociale et de santé, la production d’énergie, l’agriculture… toutes ces politiques méritent d’être reconsidérées par le prisme du réchauffement climatique.
Le défi est encore plus fondamental pour la politique, pour les politiques. Car l’horizon s’ouvre sur les décennies à venir. Et l’on sait la difficulté du personnel politique, soumis aux agendas électoraux et aux pressions immédiates – qu’elles viennent de l’opinion publique ou des intérêts privés – à intégrer dans ses décisions des considérations de long terme.
Il ne pourra en être autrement. On sait déjà que des décisions prises aujourd’hui – par facilité, ignorance, faiblesse – en matière d’urbanisme, d’économie, d’énergie, de mobilité, sont à l’opposé de ce qu’il est « durable » de faire. Il faut inverser la vapeur. Et, renouant la politique avec deux de ses racines les plus nobles – la pédagogie et la responsabilité –, voir la réalité de demain en face. Des « coûts » immédiats permettront des bénéfices différés. Des changements de mode de vie garantiront le bien-être et l’harmonie de la vie en société. Une plus grande solidarité protégera les plus vulnérables au réchauffement du climat. On connaît ; désormais il faut anticiper et agir de manière juste.
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et encore un extrait de
"Ce siècle sera chaud pour la Wallonie"

publié par Christian DU BRULLE  et Michel DE MUELENAERE
jeudi 28 juillet sur lesoir.be


« Nos sociétés sont souvent mal adaptées au climat actuel », relève le rapport. Des « ajouts et des inflexions » aux dispositifs existants permettraient pourtant des progrès notables. Parmi les priorités : adapter la gestion de l’eau pour pouvoir faire face tant aux pénuries qu’aux trop-pleins. Prendre des mesures d’adaptation à la chaleur en ville et dans l’espace public, principalement au bénéfice des plus faibles que sont les personnes âgées et les personnes les plus défavorisées. Anticiper une demande supplémentaire d’énergie lors de périodes estivales pour la climatisation et le refroidissement. Accompagner un changement des pratiques agricoles (nouvelles cultures, irrigation) et une meilleure protection de la biodiversité (stopper la fragmentation des espaces naturels). Certaines mesures passeront par des changements de style de vie. A la mesure du défi : une mutation de société.
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C'est en ce sens qu'Urbaverkoi interpelle les décideurs sur les projets urbanistiques qui laisseront une empreinte indélébile dans le "paysage" social, environnemental et économique.
Des réponses comme "c'est décidé depuis longtemps et trop tard pour réorienter" sont inacceptables aujourd'hui !
N'est-il pas temps de prendre enfin des mesures et des décisions à la hauteur des défis ?

MOBILITE : "Peak car" en vue ? [ou le mirage de la voiture électrique]



Etonnant, détonnant, décoiffant ! Au cours du mois de juin, le groupe Chronos vient de publier sur son site deux articles consacrés aux futurs de l’auto. Le premier s’intitule « peak car », le second « du parc à la flotte ». A rebours de tous les scénarios officiels qui basent leurs estimations du futur sur la prolongation des tendances des dernières années, ces deux articles proposent une réflexion en profondeur intégrant les impératifs énergétique et climatique et surtout les mutations sociales, et ceci sans tabou aucun. Cette analyse est d’autant plus intéressante qu’elle émane de tout autre chose qu’une bande d’activistes anti-bagnoles : le groupe Chronos est une plateforme d’échange qui réunit des acteurs des transports, des intelligences, des médias et de la Ville dont JC Decaux, Vinci Park et Renault.
« Trop de constats sont là pour ne pas admettre l’hypothèse d’un renversement du marché » nous préviennent d’emblée les auteurs. Et d’énumérer huit contradictions ou paradoxes allant des signes de saturation du marché perceptibles en Chine au crédit dont jouissent de plus en plus l’usage d’autres véhicules que « sa » voiture. Sans oublier la nécessité, pour le secteur, de s’extraire d’une vision techno-centrée : « la vision d’une flotte électrique ne peut masquer qu’une voiture reste une voiture, avec des séquelles qui dépassent les maigres bénéfices de l’électrique. Quand les constructeurs admettront-ils que la valeur se déplace de l’objet – même électrique – au service ? ».
La question est clairement posée : par analogie avec le « peak oil » (pic de production du pétrole), n’approchons-nous pas du « peak car » ? Cette perspective n’est-elle pas plus vraisemblable que l’avènement d’un parc de deux milliards d’unités à l’horizon 2020 (contre 600 millions de voitures aujourd’hui).
Pour le groupe Chronos, « l’innovation se développe grossièrement sur deux voies très différentes, voire antinomiques. La voie classique, portée par la modernité de la machine, explore les petits modèles, le carburant électrique, la sobriété énergétique, les automatismes... L’autre piste admet que le salut de la voiture n’est plus dans l’objet. Donc on parle "modèle". Tiraillés entre la logique industrielle et capitalistique d’une fatalité de la croissance d’une part et un modèle serviciel qui signe la décroissance à terme des ventes, les constructeurs sont forcément schizophrènes et les acteurs concurrents sont en embuscade, voire déjà dans la place. » Et de conclure que la voiture-service, sous ses nombreuses déclinaisons (y compris celles à inventer) a de beaux jours devant elle.

Réactions à l'enquête publique pour la construction d'un parking enterré de 3.300 places

L'enquête publique est maintenant terminée. 

Lire le communiqué de presse d'Urbaverkoi.

Voici plusieurs avis à consulter :

Pour être tenu informé des suites, vous pouvez également envoyer un mail à urbaverkoi@gmail.com et vous faire membre du blog si vous êtes intéressés.